Ours en France : mythe et réalité 2026

Geologeek » Géologie & Minéralogie » Ours en France : mythe et réalité 2026

L’ours brun fait-il vraiment son retour dans les Pyrénées, ou reste-t-il un fantasme entretenu par les réseaux sociaux ? En 2026, le rapport annuel de l’Office français de la biodiversité (OFB) permet de trancher avec des chiffres précis : au moins 108 ours ont été détectés en 2025 sur l’ensemble du massif pyrénéen, pour une population totale estimée entre 109 et 143 individus. De quoi nourrir un débat toujours vif entre défenseurs de la biodiversité et éleveurs, sur fond de cohabitation compliquée en montagne. Avant de partir observer la faune pyrénéenne, comme les marmottes que l’on peut croiser dans les mêmes vallées, voici ce que disent vraiment les chiffres sur l’ours en France en 2026.

Ours brun sauvage dans une forêt de montagne dans les Pyrénées françaises, illustrant la présence de l'espèce protégée en 2026

Les chiffres à retenir

108+

ours détectés dans les Pyrénées en 2025, population estimée entre 109 et 143 individus (OFB)

+11,5 %

taux de croissance annuel moyen de la population entre 2006 et 2024 (réseau Ours brun)

7 000 km²

aire de répartition de l’ours brun dans les Pyrénées en 2025

570

ovins concernés par des dommages indemnisés en Ariège en 2025 (préfecture)

Sommaire

  1. Combien reste-t-il d’ours en France en 2026 ?
  2. D’où vient la population actuelle
  3. La cohabitation avec le pastoralisme
  4. Randonner en zone à ours : ce qu’il faut savoir
  5. Tableau comparatif : ours vs autres grands prédateurs français
  6. Foire aux questions

1. Combien reste-t-il d’ours en France en 2026 ?

Le rapport « Ours infos 2025 » de l’Office français de la biodiversité recense au moins 108 ours détectés sur l’ensemble du massif pyrénéen : 10 individus dans les Pyrénées occidentales (Béarn, Navarre, Aragon) et 98 dans les Pyrénées centrales (Comminges, Ariège, Pyrénées-Orientales, Catalogne, Andorre). En intégrant la marge d’incertitude statistique du suivi génétique, la population totale est évaluée entre 109 et 143 individus, avec une valeur moyenne de 130 ours. C’est loin des 2 ou 3 ours résiduels du début des années 2000, mais aussi très loin des plusieurs centaines d’individus parfois évoqués sur les réseaux sociaux.

Côté reproduction, au moins 6 femelles ont eu une portée en 2025, avec un minimum de 8 oursons nés. Signe encourageant pour la viabilité génétique de la population : 22 des 24 oursons nés en 2024 ont été détectés vivants en 2025, soit un taux de survie de 91,66 % sur leur première année.

2. D’où vient la population actuelle

La population pyrénéenne actuelle résulte de deux origines distinctes. D’un côté, une poignée d’ours autochtones survit dans le Béarn, descendants directs de la population historique quasi éteinte à la fin du XXe siècle. De l’autre, des ours slovènes ont été réintroduits entre 1996 et 2018 dans les Pyrénées centrales, dans le cadre d’un programme national de renforcement de la population. C’est cette seconde souche qui porte l’essentiel de la croissance démographique observée depuis 20 ans.

  • Ours béarnais autochtones : lignée historique, très minoritaire, concentrée dans les Pyrénées occidentales.
  • Ours slovènes réintroduits (1996-2018) : souche majoritaire des Pyrénées centrales, à l’origine de la croissance démographique récente.
  • Consanguinité : un point de vigilance identifié par les scientifiques du réseau Ours brun malgré la croissance globale des effectifs.

3. La cohabitation avec le pastoralisme

Le retour de l’ours ne se fait pas sans tensions avec les éleveurs. En Ariège, département le plus concerné, 333 dossiers d’attaque ont été déposés en 2025, dont 295 ont donné lieu à une indemnisation par l’État. Ces dommages ont principalement touché les troupeaux ovins, avec 570 bêtes concernées, majoritairement dans le secteur du Couserans. Environ 77 % des dossiers indemnisés correspondent à une prédation avérée ; le reste relève du « bénéfice du doute », un dispositif qui indemnise certains cas de mortalité indéterminée lorsque aucune autre cause ne peut être établie.

Le saviez-vous ?

Un éleveur dispose d’un délai réglementaire de 72 heures pour déclarer un dommage suspecté d’être lié à un ours. Passé ce délai, les stigmates de prédation (morsures, traces) s’effacent et le dossier ne peut plus être instruit, ce qui explique une partie des dossiers non indemnisés chaque année.

4. Randonner en zone à ours : ce qu’il faut savoir

En 2026, le risque de croiser un ours reste statistiquement très faible pour un randonneur : l’espèce est farouche et évite spontanément le contact humain. Aucune attaque mortelle sur un randonneur n’a été recensée dans les Pyrénées depuis la réintroduction. Quelques règles de bon sens suffisent pour randonner sereinement en zone à ours : signaler sa présence en parlant ou en faisant du bruit dans les zones à faible visibilité, ne jamais s’approcher d’un ourson (la mère peut être à proximité), et éviter de camper à proximité immédiate de restes de nourriture. Pour préparer une sortie plus courte en dehors des zones à ours, notre sélection de balades d’une heure en France reste une bonne alternative pour découvrir la montagne sans contrainte particulière.

Gros plan sur une empreinte de patte d'ours dans la terre humide, signe de présence de l'espèce en milieu naturel

Tableau comparatif : ours vs autres grands prédateurs français en 2025

Pour situer l’ours parmi les grands prédateurs présents en France, voici un comparatif basé sur les rapports OFB 2025.

EspèceEffectif France 2025Zone principaleTendanceStatut de protection
Ours brun108 à 143 (Pyrénées)Pyrénées centrales et occidentalesCroissance (+11,5 %/an en moyenne)Intégralement protégé
Loup grisEnviron 1 082Alpes, Pyrénées, Massif centralExpansion géographique continueProtégé, tirs dérogatoires possibles
Lynx boréalQuelques dizaines (Jura, Vosges)Massif du Jura principalementStable à fragileIntégralement protégé
Ours béarnais (lignée autochtone)Minoritaire au sein des 108+Béarn (Pyrénées occidentales)Menacée par la faible diversité génétiqueIntégralement protégé
Comparatif des effectifs de grands prédateurs en France — données OFB, rapports annuels 2025.

Foire aux questions

Combien y a-t-il d’ours en France en 2026 ?

Selon le dernier rapport disponible de l’OFB (données 2025), au moins 108 ours ont été détectés dans les Pyrénées, pour une population totale estimée entre 109 et 143 individus. La population est en croissance depuis les réintroductions menées entre 1996 et 2018.

Un randonneur risque-t-il vraiment de croiser un ours dans les Pyrénées ?

Le risque est statistiquement très faible. L’ours brun est un animal farouche qui évite naturellement le contact humain, et aucune attaque mortelle sur un randonneur n’a été recensée dans les Pyrénées depuis la réintroduction. Se signaler par du bruit dans les zones peu visibles suffit généralement à éviter toute rencontre.

Pourquoi les éleveurs s’opposent-ils souvent à la présence de l’ours ?

La cohabitation est difficile car l’ours prède parfois sur les troupeaux : en Ariège seul, 570 ovins ont été concernés par des dommages indemnisés en 2025, sur 295 dossiers reconnus. L’État indemnise ces pertes, mais les éleveurs pointent la charge de travail liée à la protection des troupeaux (parcs de nuit, chiens de protection) dans les zones à forte présence d’ours.

Sources et références

Article mis à jour en juillet 2026 sur la base du rapport « Ours infos 2025 » de l’OFB, dernier bilan officiel disponible à date de publication.

Continuer votre exploration

Retour en haut