
Randonnées Mercantour : parc national
Le parc national du Mercantour concentre, sur un seul massif des Alpes du Sud, des lacs d’altitude, une vallée gravée par l’homme depuis l’âge du Bronze et le retour spontané du loup en France. En 2026, ce territoire protégé depuis 1979 reste l’une des destinations de randonnée les plus complètes du pays : 679 km² de cœur de parc, 600 km de sentiers balisés et des dénivelés qui vont de la simple balade familiale à la haute montagne. Avant de partir, il peut être utile de revoir les caractéristiques d’une bonne chaussure de randonnée, tant le terrain change vite entre les vallées boisées et les crêtes minérales.
Ce guide 2026 présente les itinéraires les plus emblématiques du Mercantour, du GR52 à la vallée des Merveilles, avec les chiffres à jour sur la fréquentation, la faune et les distances pour choisir la randonnée adaptée à votre niveau.

Le Mercantour en chiffres
800 000
visiteurs accueillis chaque année dans le parc
600 km
de sentiers balisés entre 490 m et 3 143 m d’altitude
3 143 m
altitude de la Cime du Gélas, point culminant du massif
43 %
de la flore indigène française recensée dans le seul Mercantour
Sommaire
- La vallée des Merveilles et ses gravures rupestres
- Le lac d’Allos, le géant d’altitude
- La Cime du Gélas et les lacs de Vens
- Le GR52 et le GR5, traverser le parc à pied
- La vallée de la Gordolasque et les lacs de Prals
- Bien préparer sa randonnée dans le Mercantour
- Tableau comparatif des itinéraires
- Foire aux questions
1. La vallée des Merveilles et ses gravures rupestres
Au pied du mont Bégo, sur la commune de Tende, la vallée des Merveilles rassemble environ 40 000 gravures rupestres réparties sur près de 4 000 rochers, datées pour la plupart de l’âge du Bronze ancien, autour de 3300 avant J.-C. Le site s’étend sur 17 km² entre 1 900 et 2 700 m d’altitude, dans un paysage minéral façonné par les anciens glaciers. L’accès classique se fait par le GR52 depuis le refuge des Merveilles, avec une boucle d’une journée pour observer les figures gravées les plus accessibles sans quitter les sentiers balisés — la réglementation du cœur de parc interdit de s’approcher des roches gravées hors des itinéraires autorisés.
En 2026, la fréquentation estivale de ce secteur reste la plus forte du massif : mieux vaut partir tôt le matin en juillet-août pour profiter du site avant l’afflux du milieu de journée.
2. Le lac d’Allos, le géant d’altitude
Perché à 2 230 m au pied du mont Pelat (3 051 m), le lac d’Allos est considéré comme le plus grand lac naturel d’altitude d’Europe, avec une cinquantaine d’hectares de surface et jusqu’à 50 m de profondeur. Aucune route n’y mène : depuis le village d’Allos, il faut compter environ 7 heures aller-retour par le GR56B, balisage rouge et blanc, pour profiter du silence du cirque glaciaire. Truite fario, omble chevalier et grassettes (l’une des rares plantes carnivores de France) cohabitent dans et autour de ses eaux.
C’est l’une des randonnées les plus fréquentées des Alpes du Sud, accessible aux familles entraînées comme aux marcheurs plus expérimentés qui prolongent vers les crêtes environnantes.
3. La Cime du Gélas et les lacs de Vens
Point culminant du Mercantour à 3 143 m, la Cime du Gélas domine la vallée de la Vésubie depuis le secteur de la Madone de Fenestre. L’ascension relève de la randonnée alpine engagée, réservée aux marcheurs entraînés et équipés (crampons possibles en début de saison). Pour un objectif plus accessible dans le même secteur, la boucle des lacs de Vens, au départ de Saint-Étienne-de-Tinée, offre un chapelet de lacs glaciaires sur une journée complète, sans les difficultés techniques du sommet.
4. Le GR52 et le GR5, traverser le parc à pied
Le GR52 traverse le Mercantour d’ouest en est, de Larche à Menton, en passant par la vallée des Merveilles et les hauts cols du massif ; il croise aussi le GR5 qui descend des Pays-Bas à la Méditerranée. Compter 8 à 12 jours pour l’intégrale du GR52 selon le niveau et les étapes en refuge. Ce sont deux tracés exigeants en dénivelé, à préparer avec les mêmes soins qu’un trek de plusieurs jours : bonnes chaussures de randonnée déjà rodées et sac correctement réglé sont indispensables sur ce type de parcours.
Loup et gypaète barbu : la faune emblématique du sentier
Le Mercantour est le lieu où le loup a été observé pour la première fois en France en 1992, lors d’un comptage de mouflons. En 2026, le massif abrite une dizaine de meutes stables, soit environ 80 à 120 individus selon les zones. Sur les crêtes, le gypaète barbu fait aussi partie des symboles du parc : 30 ans après le lancement du programme de réintroduction, 25 gypaétons sont nés sur le territoire du Mercantour, et la population alpine comptait 98 couples territoriaux en 2024, tous pays confondus. Croiser ces deux espèces reste rare mais possible, notamment à l’aube ou au crépuscule dans les vallées de la Tinée et de la Vésubie.

5. La vallée de la Gordolasque et les lacs de Prals
Moins fréquentée que la vallée des Merveilles mais tout aussi spectaculaire, la Gordolasque conduit à la cascade de l’Estrech puis, en poursuivant vers le refuge de Nice, aux lacs de Prals et à la Baisse du Basto. Ce secteur permet plusieurs formats de sortie :
- Cascade de l’Estrech : environ 2h30 aller-retour, accessible en famille.
- Refuge de Nice : journée complète, dénivelé modéré, bon point de chute pour dormir en refuge.
- Lacs de Prals et Baisse du Basto : 2 jours avec nuit en refuge, itinéraire plus engagé en fin de parcours.
6. Bien préparer sa randonnée dans le Mercantour en 2026
La saison utile va généralement de mi-juin à fin septembre selon l’enneigement résiduel ; les cols au-dessus de 2 500 m peuvent rester fermés jusqu’à début juillet certaines années. Nouveauté 2026, le parc a mis en ligne une carte interactive en 3D des sentiers balisés du cœur de parc avec les informations de présence de neige au sol, utile pour ajuster son itinéraire avant de partir. Le parc propose aussi, depuis 2025, une trentaine d’itinéraires accessibles aux personnes en situation de handicap.
Avant de vous lancer sur un itinéraire de plusieurs jours, il peut être utile de comparer avec un massif voisin : les randonnées du Verdon offrent un profil plus doux en dénivelé, tandis que le parc national des Cévennes propose une expérience de bivouac sous ciel étoilé différente de la haute montagne du Mercantour.
- Camper est interdit dans le cœur du parc ; seul le bivouac est toléré entre 19h et 9h, à plus d’une heure de marche des limites et des refuges.
- Les chiens, même tenus en laisse, sont interdits dans le cœur du parc (sauf chiens de troupeau).
- La cueillette de fleurs, minéraux et objets archéologiques est interdite sur tout le territoire protégé.
- Les refuges du parc se réservent plusieurs semaines à l’avance en juillet-août, notamment sur le GR52.
Tableau comparatif des itinéraires du Mercantour
Ce tableau résume les caractéristiques principales des itinéraires présentés plus haut, pour choisir rapidement selon votre niveau et le temps disponible en 2026.
| Itinéraire | Durée | Niveau | Point fort | Meilleure période |
|---|---|---|---|---|
| Vallée des Merveilles | 1 journée (boucle) | Modéré | 40 000 gravures rupestres | Juillet à septembre, tôt le matin |
| Lac d’Allos | 7h aller-retour | Modéré à soutenu | Plus grand lac naturel d’altitude d’Europe | Juin à septembre |
| Cime du Gélas | 2 jours avec refuge | Alpin engagé | Point culminant à 3 143 m | Juillet-août |
| GR52 intégral | 8 à 12 jours | Confirmé | Traversée complète du massif | Mi-juin à mi-septembre |
| Gordolasque / lacs de Prals | Demi-journée à 2 jours | Facile à soutenu | Cascade et lacs peu fréquentés | Juin à septembre |
Foire aux questions
Quelle est la meilleure période pour randonner dans le Mercantour ?
La fenêtre la plus fiable va de mi-juin à fin septembre. En juin, certains cols d’altitude restent enneigés selon les années ; juillet et août concentrent la majorité des 800 000 visiteurs annuels, avec une forte affluence sur la vallée des Merveilles et le lac d’Allos. Septembre offre souvent une lumière plus douce et des sentiers moins fréquentés, à condition de surveiller la météo qui change vite en montagne.
Peut-on croiser des loups en randonnant dans le parc ?
C’est possible mais rare : le Mercantour compte environ 80 à 120 loups répartis en une dizaine de meutes, essentiellement actifs à l’aube et au crépuscule, loin des sentiers les plus fréquentés. Le loup reste discret et évite spontanément le contact humain. Aucune précaution particulière n’est nécessaire au-delà du bon sens habituel en montagne : rester sur les sentiers balisés et ne pas s’approcher de la faune sauvage.
Faut-il réserver un refuge avant de partir ?
Oui, fortement recommandé sur les itinéraires de plusieurs jours comme le GR52 ou les lacs de Vens. En juillet-août, les refuges du Mercantour affichent complet plusieurs semaines à l’avance, en particulier sur les étapes proches de la vallée des Merveilles. Réservez directement auprès des gardiens ou via les centrales de réservation des refuges dès que la date de votre trek est fixée.
Sources et références
- Parc national du Mercantour — territoire, chiffres officiels et carte interactive 3D des sentiers, mercantour-parcnational.fr, consulté en 2026.
- LPO — Réintroduction du gypaète barbu, bilan 2025, lpo.fr.
- Parc national du Mercantour — 30 ans de réintroduction et de protection du gypaète barbu, mercantour-parcnational.fr.
- Biodiv’Mercantour — atlas de la biodiversité du parc national, biodiversite.mercantour-parcnational.fr, 2025.
- Observatoire du Tourisme, CRT Côte d’Azur France / Riviera — fréquentation randonnée du Mercantour, données consultées en 2026.
Article mis à jour en août 2026. Vérifiez toujours l’ouverture des cols et l’état des refuges auprès du parc national avant de partir.
